Tir à la carabine ou au pistolet, fiche technique

 

 

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oeil directeur et visée
réflexes à acquérir

 

« On ne naît pas bon tireur, on le devient par un apprentissage méthodique et rationnel ».

Certains d’entre nous ont d’ailleurs pu constater que quelques conseils suffisent parfois pour améliorer très nettement un carton (avoir une position stable, bien accommoder sur le guidon, absorber la première bossette...). Voici quelques éléments tirés de diverses lectures spécialisées et de notre expérience.

 

Conditions de l'épreuve de décathlon

Pour l’épreuve de tir du décathlon, il s’agit de tir à 10 m, pistolet ou carabine.

On tire debout 20 plombs (calibre 4,5) sur une cible graduée en cercles concentriques de 1 à 10 (modèle UIT), sans appui (à bras franc pour le pistolet) et en une demi-heure.

Pour le 10 : cercle de 12 mm de diamètre au pistolet, de 1 mm à la carabine ;
pour le 1 : cercle de 156 mm de diamètre au pistolet, de 46 mm à la carabine.

10 plombs d’essai sont accordés
, qui peuvent être tirés à tout moment (en compétition, avant ou entre chaque série de 10 coups de match).

Pour être précis...

      Pour l’épreuve de décathlon de tir au pistolet à 10 mètres, le concurrent dispose de 30 plombs et de 6 cartons pour l’épreuve. Il doit mettre 5 plombs par cible.
Pour l’épreuve on tient compte des 4 meilleurs cartons
. Au cas où il mettrait 6 plombs dans une cible, ce carton sera automatiquement comptabilisé avec le carton contenant 4 plombs.
     



Le tireur dispose d’une plage horaire de 30 minutes pour l’épreuve.

Les impacts sont jaugés si besoin avec une loupe de tireur.Si l’impact touche le cordon, le comptage du point est fait à l’avantage du tireur (cercle intérieur – compté 5 et non 4 sur l’exemple).

      Un appui (réglementaire) est autorisé, à la carabine et au pistolet, pour les jeunes, garçons ou filles, jusqu’à 13 ans.
Tous les autres concurrents tirent debout, les 2 pieds sur le sol du poste, sans aucun appui extérieur (tir à bras franc au pistolet). Aucun point du corps (hors les pieds) ne doit toucher un élément quelconque du stand de tir. Tout élément additionnel et tout dispositif tendant à apporter un avantage sont prohibés.
     Pistolet : le tir est effectué à une seule main sans appui extérieur.
     Carabine : la carabine doit être tenue avec les deux mains et l’épaule ou le haut du bras proche de l’épaule. La joue peut être placée contre la crosse de la carabine. La carabine ne doit pas être supportée par la veste. La partie supérieure du bras et le coude peuvent s’appuyer sur le thorax ou la hanche.
     

Les conditions de tir sont identiques pour l’épreuve de tir à la carabine à 10 m, sauf cas particuliers.
Carabine : 6 cartons dont 4 pour l’épreuve – avec 5 plombs par cible, comme au pistolet, pour les « tireurs non spécialistes » de la discipline. Pour les « bons tireurs », le contrôleur peut donner 13 cartons dont 10 pour l’épreuve – avec 2 plombs par cible. (3 cartons d’essais)



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Technique de tir

Il s’agit simplement ici de donner quelques conseils destinés à permettre à chacun d’acquérir les gestes nécessaires à un bon tir. Tirer est un divertissement, mais « bien tirer » est un art qui demande beaucoup de patience, de volonté et une grande coordination gestuelle.

Ambiance...
Pour bien tirer, il faut tout d’abord être prêt physiquement et moralement,
c’est-à-dire prêt à porter le pistolet à bout de bras ou soutenir la carabine pendant une demi-heure ; prêt à vaincre la tension nerveuse résultant de la répétition de 20 à 30 opérations identiques, minutieuses et toutes décisives (à chaque instant, la performance finale est remise en cause : 1 point = 10 points décathlon environ) ; prêt à surmonter les « agressions » propres au tir (appréhension du départ du coup) dont les conséquences habituelles sont le coup de doigt (contraction brutale) et la fermeture des yeux.

Or, la qualité première du tireur est la parfaite maîtrise de lui-même et de ses gestes.
Il est donc préférable d’aborder une séance de tir détendu et reposé. Il faut, à la limite, rechercher l’état apathique avec un cœur sans palpitation.

Il est également indispensable, lorsqu’on n’est pas seul au pas de tir, de permettre à ses voisins d’atteindre cette décontraction en évitant les plaisanteries, les bavardages incessants et même les ramenés brutaux des cartons, ainsi que les déplacements inutiles.

Pour bien tirer, il faut rester parfaitement conscient. Chaque coup doit partir dans les mêmes conditions et doit se renouveler. Il doit être aussitôt analysé, sans euphorie, sans découragement pour ne penser qu'à la préparation minutieuse du suivant.

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Connaissance des armes, éléments de visée (vocabulaire)

Les organes de l'arme permettant la visée sont la hausse (à l'arrière du canon) et le guidon (à l'avant)

pistolet
carabine
la hausse comporte une planchette réglable en hauteur et en direction, équipée d'un cran de mire la hausse comporte une planchette réglable en hauteur et en direction, équipée d'un oeilleton

Le guidon est une lame en forme de "cran de mire"

Le guidon est circulaire, à trou, logé dans un tunnel
LIGNE DE MIRE :
droite allant du centre de la hausse au guidon.
LIGNE DE VISÉE :
droite théorique allant de l’œil du tireur au point visé en passant par les instruments de visée
VISUEL : partie centrale noire des cibles

.

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Tenue des armes, pistolet ou carabine
Le pistolet doit être placé dans la main,
le plus profondément possible dans la fourche formée par l’index et le pouce, l’arrière de la crosse bien calé contre la paume de la main, l’axe du canon dans le prolongement de l’avant-bras. Pour éviter tout lâcher accidentel, il est préférable de ne pas poser tout de suite l’index sur la détente.
La carabine, elle, sera bien calée au creux de l’épaule, ou mieux, dans le creux entre l’épaule et le biceps, la main droite (pour un droitier) tenant l’arme fermement comme pour le pistolet, la main gauche la soutenant.

Dans tous les cas, la position du corps doit être stable (pieds écartés) et confortable. La position du corps est très importante car c’est d’elle que dépend l’équilibre musculaire du tireur. Elle peut se caractériser par le fait que si, d’un mouvement naturel, on lève l’arme vers la cible, la direction est bonne. Si la direction était mauvaise, il ne faut pas compenser par une action du tronc ou des bras, mais il faut modifier la position des pieds. C’est un des points les plus importants pour réussir un bon carton : avoir trouvé la bonne position naturelle. Certains, de peur de ne pouvoir retrouver cette position idéale, font marquer par un voisin la position de leurs pieds sur le sol avec une craie. Si la bonne position est prise, l’arme est dans le bon plan vertical, il n’y a plus qu’à viser le 10.

Notons encore, en ce qui concerne le tir à la carabine, la position du bras gauche (pour un droitier) qui supporte l’arme. Le coude gauche est abaissé vers la cage thoracique, parfois la hanche, pour éviter de faire travailler les muscles de ce bras. Le carabinier se penche, de plus, légèrement en arrière pour compenser le poids de la carabine. Le but à rechercher est de faire supporter le poids par les os (colonne vertébrale, os de la hanche et de la jambe). C'est pourquoi les professionnels du tir ont souvent des problèmes de vertèbres. Là encore, pas question pour corriger une direction mauvaise de la carabine, de se tordre ou de bouger le bras gauche. Pour le tir au pistolet, des spécialistes conseillent de mettre la main gauche dans la poche de la veste ou la ceinture du pantalon, bien stabilisée.

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Oeil directeur, visée et accommodation

Au niveau de la vision, un œil domine l'autre : c'est l'œil directeur. Pour le connaître, voici deux méthodes :

  • regardez la cible, les deux yeux ouverts, à travers un trou percé dans un carton et fermez successivement un œil puis l'autre. L'œil appelé directeur est celui qui vous permet de continuer à voir la cible à travers le trou du carton.
  • pointez un doigt, les deux yeux ouverts, sur une cible et fermez successivement un œil puis l'autre. L'œil appelé directeur est celui qui laisse votre doigt pointé sur la cible.

Il peut arriver qu'un droitier ait l’œil gauche directeur et inversement. A la question de savoir s'il faut accorder une priorité à cet œil directeur au détriment de la latéralisation du tireur, la réponse est non. En règle générale, c'est à dire hors pathologie, un droitier visera avec l'œil droit et un gaucher avec l’œil gauche.

Il est recommandé de tirer en ayant les deux yeux ouverts. Si cela présente des difficultés, il est souhaitable de disposer un cache translucide devant l'œil qui ne vise pas ; de cette façon les deux yeux restent ouverts, sans se fatiguer, en recevant, à peu de chose près, la même quantité de lumière et en ayant une bonne vision périphérique.

L'œil humain ne sait pas voir simultanément net de près et de loin. Pour s'en convaincre, il suffit de pointer le doigt sur la cible et de voir avec netteté, d’abord le doigt, puis la cible et ensuite essayer de voir net les deux à la fois. C’est impossible !
Puisqu'il faut, pour viser, aligner plusieurs éléments situés à différentes distances, le tireur devra faire un choix. Il s'efforcera de voir toujours le guidon net (cette difficulté est moins importante pour le carabinier que pour le pistolier). Il est important de se persuader que l'on peut atteindre avec précision une cible aux contours flous lorsqu’on voit des instruments de visée nets et alignés. En effet, un léger écart par rapport au visuel, de l’ensemble des instruments de visée bien alignés entre eux, se traduira par un faible écart en cible. Par contre, un alignement imprécis des instruments de visée se traduira par un écart très important en cible.

correct
accommodation correcte : le guidon est net,
le visuel flou
erreur
d'accommodation (sur le visuel)
le guidon est flou, le visuel est net

La marge de blanc
Tir au pistolet. Il semblerait logique de viser le centre du visuel (centre noir de la cible) pour atteindre le 10 au pistolet. Mais alors, les instruments de visée de l'arme, qui sont noirs (hausse et guidon), se détacheraient mal sur le noir du visuel. Au pistolet, il est donc préférable de régler son arme pour toucher plus haut que le point visé et de voir se détacher parfaitement les instruments de visée sur le fond blanc du carton.(Réglage de la marge de blanc)

Tir à la carabine. Il faut choisir un guidon qui laisse apparaître une bonne marge de blanc autour du visuel.

La marge de blanc est une référence de placement de la visée autour de laquelle vous allez décrire de petits mouvements oscillants résultants du contrôle de votre stabilité.

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Le lâcher

Le " lâcher " désigne l'action du doigt sur la queue de détente qui provoque le départ du projectile. C'est une phase déterminante de la séquence de tir : un bon lâcher laisse l'arme stable au départ du coup. Dans le cas contraire on parle de " coup de doigt ". Ce défaut, courant au stade de l'initiation, est très limitant dans la progression du tireur. Sans un bon lâcher, on ne peut pas bien tirer.
C'est la pulpe de la dernière phalange de l'index (partie la plus sensible) qui doit être au contact de la queue de détente et doit assurer la maîtrise de la pression.

Avec une détente à bossette : la course de la queue de détente s'effectue sous faible pression dans un premier temps (pré-course) jusqu'à un point dur (bossette). A partir de ce point, la pression nécessaire au départ du coup sera plus importante.

Caractéristiques d’un bon lâcher
: Le lâcher doit être volontaire, progressif et contrôlé.

Le tireur doit veiller à maintenir la position de tir deux à quatre secondes après le départ du coup. Tout doit en fait se passer comme si un deuxième projectile partait dans ce laps de temps.

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Erreurs de visée

Le tireur doit analyser le résultat de ses tirs et comprendre l'origine de ses erreurs
Erreur de visée angulaire, suite à un décalage du guidon par rapport à la hausse. L'écart sur la cible sera important car égal à l'erreur angulaire multipliée par le rapport distance de tir/ligne de mire. Une erreur angulaire de 1 millimètre du guidon pour un pistolet 10 mètres produit un écart en cible de près de 4 centimètres ! L'erreur angulaire peut se produire parce que le tireur ne voit pas nettement ses instruments de visée.

     

Erreur de visée parallèle, lorsque le guidon et la hausse sont bien positionnés l'un par rapport à l'autre mais décentrés par rapport au visuel. Les conséquences d'une erreur de visée parallèle sont moins grandes que celles d'une erreur de visée angulaire dont les effets sont multiplicateurs.

Le décathlonien ne doit pas modifier les réglages des armes (position de la plaquette de hausse et du guidon), réalisés par le responsable du stand de tir ou un spécialiste.

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Les règles à respecter concernent                                                         [ Haut de page ]

  • la tenue de l’arme,
  • la position stable du corps,
  • la visée,
  • la respiration,
  • l’action du doigt sur la détente.

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Réflexes (rappel des points importants de la technique de tir)

Premier réflexe : rechercher la position naturelle qui, sans effort musculaire, amène l'arme dans la bonne direction.
Certains conseillent, comme méthode d'entraînement, de tirer les yeux fermés. Viser consiste à aligner l'œil, le cran de mire, le guidon et la cible dans le cas d’un guidon à lame, à rendre concentriques l'œilleton, le guidon et le visuel (le noir de la cible) dans le cas d’un guidon à trou. Remarque très importante à rappeler : l'œil doit accommoder sur le guidon, le visuel de la cible apparaissant flou, ce qui n’est pas grave. De plus, la lame du guidon doit être parfaitement centrée dans le cran de mire. Il est également préférable de laisser une très faible marge de blanc à la base du visuel, les éléments étant plus nets sur fond blanc.

Deuxième réflexe : accommoder sur le guidon.
Comme méthode d'entraînement pour ce point, on peut proposer de tirer appuyé pour s’habituer à une bonne visée (et régler l’arme). Avant d’appuyer sur la détente, il convient de maîtriser sa respiration et même de la bloquer pendant le temps de la visée. La technique, habituellement recommandée, est d’inspirer, ce qui fait monter l’arme un peu au-dessus du visuel, puis d’expirer à demi, l’arme descendant alors un peu au-dessous du visuel, enfin de bloquer la respiration durant le temps de visée.

correct
le guidon est net,
le visuel flou
erreur
d'accommodation
sur le visuel
erreurs,
mauvais centrages du guidon

latéralement ou en hauteur


Troisième réflexe : bloquer la respiration.
L'instant décisif est arrivé. Il faut tirer. C'est en principe la première phalange de l’index qui doit, par une légère traction longitudinale dans l’axe du canon, appuyer sur la détente. Mais il faut, auparavant, avoir absorbé le jeu de la première bossette (avant la montée vers le visuel pour éviter tout lâchage accidentel). Certains d’entre nous ont pu se rendre compte de l’importance de cette remarque. Enfin, l’action sur la détente doit être effectuée dans des conditions qui paraissent idéales. Il ne faut pas vouloir tirer à tout prix. Mieux vaut, si certains problèmes surgissent, reposer l’arme, se détendre et reprendre au départ.

Quatrième réflexe : penser à la première bossette.

Pour terminer, disons que le carton d’essai est destiné à régler son tir. Il n’est pas indispensable de tirer ses 10 plombs d’essai au début. Il peut être, au contraire, plus sage d’en garder quelques uns au cas où, par suite de fatigue, on serait amené à quitter sa position quelques instants.
                                                                                                                 Jean Dehédin avec des conseils de la Fédération Française de Tir

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responsable rédactionnel : Micheline Dehédin (webmestre du site)

Extrait de la table de cotation                                                                    [ Haut de page ] 

Pour 20 plombs

points
score
carabine
score
pistolet
1100
189
195
1000
177
183
900
162
169
800
146
154
700
130
139
600
116
124
points
score
carabine
score
pistolet
500
102
111
400
90
100
300
79
90
200
70
81
100
62
74
10
56
68

table complète de cotation à télécharger
adresse.doc (fichier Word 97 - 117 Ko)

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responsable rédactionnel : Micheline Dehédin (webmestre du site) et Jean Dehédin (président du club Rambouillet Olympique)

22 mai, 2012

 

 

 

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